Portrait de Anne-Laure de Sarrau

Analyse de données

Labo : Univers des technologies sportives

On se connecte, on bouge, on compte, on pitonne : des rouages bien lubrifiés

Par Anne-Laure de Sarrau, Le 18 Janvier 2018

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Les objets connectés sont partout. Incontournables. Et parmi eux, ceux qui enregistrent, dénombrent. Des données au sport il n’y a qu’un pas. La VTE a donc tenté de définir le concept de « moi connecté » et inventorié les outils valables en sport.

La quantification de soi comme art de vivre

Bracelet connecté, appli pour mesurer sa course ou capteurs des battements de cœur. Vous êtes adeptes de l’auto-mesure? Bienvenue dans le club de la connexion de soi à soi et éventuellement aux autres car loin d’être une démarche autocentrée et plutôt à la limite de l’exhibitionnisme, elle vise aussi le partage d’expériences.

Moi comme ensemble quantitatif

Les obsédés du chiffre ne sont pas nés hier mais les obsédés du sport et du chiffre, si. L’invasion des applis pour s’évaluer, se mesurer et se quantifier y est pour quelque chose. Cette comptabilisation permanente est devenue un phénomène de société. Que ce soit pour se réapproprier son corps ou en faire sa connaissance, les geeko-sportifs avancent l’idée de mieux se connaître pour mieux s’améliorer. L’idée est de maîtriser son corps à travers les données qu’il nous renvoit.

S’enregistrer pour rester maître de ses données (à condition que ce soit possible) mais aussi un peu pour parader, non ?

Moi comme partie d’un ensemble

En effet, le « Quantified Self » désigne aussi bien les pratiques et les outils pour suivre ses propres données que le partage en temps réel de ces données. C’est même la condition pour que la démarche soit efficace à long terme. Soit le partage se fait en utilisant les réseaux sociaux. Il s’agit alors de communiquer votre poids, votre sommeil, le nombre de kilomètres courus, le nombre de pas marchés dans une journée, etc. pour permettre à vos « amis » de savoir ce que vous faites et éventuellement de vous encourager. Soit le partage se fait à travers une interface spécifique type Nike Fuel Band ou Fitbit qui permet de se mesurer aux autres utilisateurs. Soit enfin, et c’est sans doute la forme la plus intéressante, le partage se fait au cours d’événements où les utilisateurs pionniers et les chercheurs côtoient directement les développeurs de sites web, d’applications mobiles et de capteurs de données personnelles. Ils se retrouvent par exemple au cours des  « Self Quantified Meetup Groups » qui comptent plus de 80 000 membres et 230 rencontres régulières. pour la seule thématique « Activity monitors and devices », plus de 20 000 membres et 60 rencontres.

Dans tous les cas, un mot d’ordre : rester maître de ses données et seulement ensuite partager…

Par où commencer ?

Les outils de collecte et analyse de l’activité physique

Il faut distinguer les applications de base disponibles sur les téléphones (comme Google Fit ou Apple Santé) qui détectent et enregistrent tous les déplacements de manière automatique des applications complémentaires (comme Strava ou Runtastic) qui nécessitent une activation volontaire de l’utilisateur. Toutefois, ni les unes ni les autres ne tiennent compte de la protection des données personnelles, enjeu majeur a fortiori en milieu éducatif.

Leçon d’éducation physique au-delà de la leçon

L’enjeu des réformes actuelles est de personnaliser l’enseignement pour qu’il ait un meilleur impact sur l’apprenant. Pour les élèves, l’envie d’apprendre ou de renforcer ses connaissances en éducation physique grâce aux outils connectés est une réalité. Le rôle des enseignants est de planifier et de les accompagner dans une démarche de mouvement. Leur implication en dehors d’une leçon traditionnelle a des retombées non négligeables en termes d’efficacité de l’enseignement et de motivation des élèves. A la clé, l’espoir que l’élève, familier avec l’outil numérique, s’inscrive durablement dans une dynamique d’activité physique à titre personnel.

Peut-on résumer l’homme à un catalogue de chiffres ? Oui. On pourrait. Peut-on résumer l’apprenant à un catalogue de chiffres. Non. Il ne faudrait pas. Cependant, comme les ligaments à l’articulation, données et sport sont intimement liés. La technologie agit comme la synovie qui en améliore le mécanisme. Elle permet de courir plus vite, de sauter plus haut, de nager comme un poisson. Les cours d’éducation physique font interagir les ressources cognitives, comportementales et physique de l’élève. Performants, les outils technologiques accessibles aujourd’hui s’adaptent à ces trois variables et peuvent donc soutenir plus qu’efficacement ces cours.

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