Étape 1 : Définir la veille technopédagogique

C'est demain la veille - Première rencontre de planification


À l'invitation du répondant TIC du Cégep de La Pocatière, la Vitrine technologie-éducation (VTÉ) a établi récemment une collaboration avec ce collège situé dans la région du Bas-Saint-Laurent dans le but de réfléchir et de systématiser un espace de veille collaborative répondant à ses besoins. Pour la Vitrine technologie-éducation, il s'agissait d'une excellente occasion de faire le point sur des concepts de veille et de collaboration, et ce, dans le cadre d'une formule toute particulière de labos VTÉ. Pour entreprendre ce laboratoire, une équipe a été mise en place. Ce groupe est composé de quatre enseignants, de deux techniciens en documentation de la bibliothèque François-Hertel, du conseiller pédagogique TIC également responsable de la bibliothèque et d’un conseiller pédagogique représentant la Vitrine. 

Ce laboratoire bien spécial, qui a débuté en octobre dernier, se poursuivra au cours des prochains mois. Les étapes qui jalonneront ce parcours permettront d'enrichir la réflexion sur la veille et de tester des services et outils technologiques en plus de mettre à jour les compétences informationnelles respectives des deux organisations. Le tout s'inscrit dans une démarche d'apprentissage de veille pédagogique commune et collaborative qui sera documentée sur le site de la VTÉ. Les étapes de ce processus pourraient être éventuellement transposées dans d'autres institutions collégiales.

Un objectif concret

L'importance de systématiser un espace de veille informationnelle collaborative à La Pocatière s'inscrit dans une volonté d'alimenter le futur Centre d'apprentissage des applications pédagogiques des technologies de l'information et des communications (CAAPTIC) du Cégep. Ce centre vise à guider les enseignants vers une intégration pédagogique des TIC. Une veille permettra de voir venir les avancées technologiques, d'évaluer la façon de les intégrer à la pédagogie, de ne pas réinventer la roue puis, concrètement, d'utiliser et de diffuser l'information pertinente.

Le début d'un processus

Lors de cette première rencontre, nous tentons d'abord de définir ce qu'est une veille pédagogique collaborative commune, puis nous déterminons les objets de cette veille en tenant compte de ceux pour qui nous l'effectuerons. Les différentes stratégies de veille ne sont qu'effleurées à cette étape-ci.

1- Définir notre veille collaborative

L’équipe en place est formée d'enseignants en informatique, en histoire, en santé animale, en techniques de comptabilité et gestion et de techniciens en documentation. Tous ont des besoins d'information spécifiques, parfois convergents, et ils désirent rester à l'affût pour pouvoir se tenir informés sur un ou plusieurs sujets d'intérêt pédagogique. Quelle serait alors notre définition d'une veille informationnelle pertinente pour l'institution et ses enseignants ?

Un premier tour de table avec l'équipe nous amène à qualifier, d'emblée, la future veille comme étant une veille technopédagogique centrée sur le milieu collégial. Mais puisque la veille à mettre en place se veut également collaborative, nous devons établir un consensus sur ce qu'elle est et s'entendre sur un objectif commun.

Chacun des membres fait alors part de sa définition respective afin de la partager et d'en discuter. 

  • On distingue la veille pédagogique de la veille technopédagogique :
  1. « La veille, c’est d’être à l’affût des nouveautés pour être up to date. C’est une façon de développer son expertise dans un domaine précis en se réseautant avec d’autres experts ou avec des gens qui partagent les mêmes intérêts. »
  2. « La veille technopédagogique, c’est d’être à l’affût des utilisations pédagogiques des technologies comme stratégie d’enseignement et d'apprentissage pour les étudiants. C’est une stratégie parmi tant d’autres à développer pour motiver les étudiants à s’engager dans leurs apprentissages et pour favoriser leur réussite. »
  • La notion de partage envers la communauté est évoquée :
  1. « Prendre conscience des différentes possibilités et des avancées des technologies de l'information et des communications (TIC) en matière de pédagogie et partager à la communauté locale ces données. »
  • La notion de surveillance à l'aide d'outils technologiques est priorisée :
  1. « C'est surveiller et scruter, à l'aide d'outils virtuels, les informations sur un ou plusieurs sujets par l'entremise de certains sites Internet choisis. »
  • L'information doit trouver son chemin seule vers la plateforme destinataire à l'aide d'un processus automatisé :
  1. « C'est une surveillance passive des nouvelles technologies, des acquisitions d'information qui peuvent faciliter le travail. »
  • Une sélection des informations et une contextualisation doivent être effectuées :
  1. « Surveillance des nouveaux outils, des nouvelles technologies et des nouveaux usages dans le domaine de la pédagogie. Jugement apporté sur l’adéquation entre ces nouveautés et certains contextes d’enseignement. »
  • Une méthodologie dans le processus doit être adoptée :
  1. « Surveillance des nouveautés et utilisations innovantes de la technologie au profit de la pédagogie : les trouver, en prendre connaissance, analyser l’information, émettre des hypothèses et les tester (expérimentation), partager des trouvailles avec des pairs. »

  • La  finalité de la pratique de veille permet, idéalement, d'enrichir les pratiques pédagogiques utilisées en classe :
  1. « La veille technopédagogique devrait permettre d’être à l’affût de différents moyens technologiques qui pourraient contribuer à diversifier les méthodes d’enseignement et, ainsi, de contribuer du même coup à la motivation des étudiants dans leur apprentissage actif. »
L'importance d'explorer le concept de veille en premier lieu a permis à l'équipe de partager et de s'entendre sur ce que devrait être cette future veille collaborative en éducation. Il faut maintenant cibler les sujets d'intérêt qui méritent de faire des thèmes de veille pertinents dans notre contexte spécifique.

2- Veiller collectivement pour qui et pour quoi

Le deuxième exercice effectué porte ensuite sur les sujets qui feront spécifiquement l'objet de la veille de l'équipe. Il s'agit alors de se faire une idée plus précise des intérêts pédagogiques communs et de ceux plus particuliers à chacun des membres en fonction du public ciblé. Il va sans dire qu'une analyse des besoins de l'équipe aidera à orienter la collaboration future. Il est aussi clair que les aboutissements de la veille devront permettre d'alimenter le futur Centre d'apprentissage des applications pédagogique des technologies de l'information et des communications pour en explorer le potentiel pédagogique. Les resssources et informations recherchées pourront être en français ou en anglais. Avant de choisir notre stratégie ou notre outil de veille et de curation, un nombre restreint de thématiques à suivre doit être choisi. Pour éviter la surcharge d'information à analyser, l'équipe s'entend sur les thèmes suivants :

  • Le thème Applications d’outils technopédagogiques de manière élargie sera recherché pendant une période restreinte.
  • Les Outils d’apprentissage ou d’enseignement (étudiants, enseignants ) seront classés sous les sujets et mots-clés énoncés dans cette liste :
  1. Tableau blanc interactif (TBI - TNI);
  2. Tablette numérique (iPad);
  3. Environnement numérique d’apprentissage (ENA); plateformes d’enseignement interactif (Moodle, Via, Google Hangouts);
  4. Télévoteur (clicker, Mimio, Turning point, Poll everywhere);
  5. Classe d’apprentissage actif (inversée, iClass);
  6. Portfolio numérique d’apprentissage (potentiel pédagogique SHERPA, EDU-portfolio, etc.;
  7. Outils de travail collaboratif; infonuagique (utilisation pédagogique Google Drive, DropBox, iCloud, SkyDrive, Prezi);
  8. Idéateur (CmapTools, Mindmeister, Inspiration).

Cet exercice a permis de faire des choix et de déterminer quelques mots-clés qui pourront être recherchés. Définir les grands thèmes et préciser les sujets permettent de mieux cibler les besoins d'information afin de ne pas sombrer sous la déferlante de l'information qui s'offre à nous tous les jours. L'infobésité nous guette tous à un moment ou un autre, et nous savons tous que les activités de veille peuvent devenir une activité chronophage lorsque les thèmes retenus sont trop larges.

3 - Les stratégies de veille

La diversité d'outils de collecte d'information et de curation qui sont disponibles sur le Web ainsi que les moyens de diffusion employés par nos futures sources (experts) à suivre sont deux éléments qui influenceront nos stratégies à mettre en place. Une première itération sur les sujets ciblés à l'aide d'un outil de veille « d'entrée de gamme » est rapidement envisagée par l'équipe puisque l'offre de tels outils foisonne. Mais pour l'instant, quels sont ceux facilement accessibles, faciles à utiliser en mode collaboratif et qui permettent un classement d'information sur les thèmes à veiller ? 

Ce sujet sera exploré lors d'une prochaine rencontre, mais en en attendant, l'équipe s'entend pour commencer avec un compte commun Scoop.it (http://www.scoop.it/u/capticclp), un outil de curation qui a l'avantage d'être déjà connu et utilisé par deux des membres. Cela permettra de faire une première itération avec un outil qui semble largement utilisé par plusieurs « veilleurs-curateurs » du milieu de l'éducation, qui réunit à la fois des fonctions de collecte, de gestion et de diffusion de l'information.

  • le choix des sources

Quelles sont les sources (experts, organismes, autres veilleurs...) que nous devrions suivre ? Il faut commencer par cibler et choisir quelques bonnes sources crédibles et pertinentes en lien avec le ou les thèmes qui intéressent le milieu collégial. On peut compter sur les deux membres de l'équipe, spécialistes de la documentation à la bibliothèque François-Hertel, pour faire ressortir quelques sources pertinentes qui diffusent de l'information régulièrement dans des publications en lien avec nos intérêts de veille. Le Web, pour sa part, représente tout un univers de sites, de blogues, de médias sociaux et de ressources en vrac. C'est un autre défi.

Une des meilleures façons de commencer avec le Web est de suivre une ou deux personnes qui sont présentes en ligne et dont l'intérêt principal se rapproche le plus possible de notre champ d'intérêt. Par exemple, une des sources les plus suivies en éducation au Québec est François Guité. D'abord professeur d’anglais dans un Programme d’éducation internationale à Québec, François Guité a travaillé au Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec (CTREQ), puis au ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS). Depuis 2011, il travaille à titre de consultant au projet de l’École 2.0 du MELS. Voilà pour la crédibilité, la fiabilité, la pertinence et les intérêts de cette première source.

Mais  puis-je trouver Francois Guité en ligne? Une simple recherche nous permet de répertorier quelques médias sociaux  on peut le suivre :

  1. Un blogue : http://www.francoisguite.com/
  2. Une page Facebook : https://www.facebook.com/francois.guite
  3. Deux comptes Twitter : https://twitter.com/FrancoisGuite et https://twitter.com/FGDRD
  4. Un compte Google+ : gplus.to/FrancoisGuite
  5. Un compte Pinterest : http://www.pinterest.com/francoisguite/
  6. Un Tumblr : http://www.pinterest.com/francoisguite/
  7. Un compte de partage de marque-pages Delicious : http://www.delicious.com/guitef

Nous avons une source prolifique qui a l'avantage de partager des ressources qu'il a agrégées, triées, analysées, citées et parfois éditorialisées avant de les rediffuser. C'est une manne pour entreprendre une veille. Il suffit de remonter les sources de François Guité pour en repérer plusieurs autres à suivre en lien avec notre veille pédagogique.

Pour trouver d'autres professionnels de l'éducation qui effectuent de la veille, je recommande de consulter la liste des édutwitteurs francophones du Canada, partagée par Jacques Cool, technopédagogue et agent pédagogique provincial au ministère de l'Éducation et du Développement de la petite enfance du Nouveau-Brunswick. L'avantage de suivre des sources dont les intérêts se rapprochent des nôtres nous permet d'éliminer beaucoup de bruit (informations non pertinentes) qui se retrouve immanquablement dans le flux d'information que nous aurons à traiter dans nos activités de veille.

La cartographie des acteurs du système scolaire québécois, élaborée par Christophe Reverd de la Vitrine technologie-éducation, est aussi un excellent point de départ pour trouver les organismes et partenaires qui diffusent de l'information en lien avec les thématiques retenues pour une veille informationnelle en éducation. Par exemple, il suffit d'explorer, dans la carte, la boîte des organismes partenaires du collégial et d'accéder à leurs sites pour trouver des flux RSS et Atom, des abonnements pour recevoir des infolettres, des médias en ligne à suivre.

  • le choix des outils de veille et curation

La prolifération des outils de veille et de curation depuis 2010 est pour le moins déconcertante. La page Flux RSS/ATOM & Outils de veille du site Veilleurs.info a publié une recension assez exhaustive de ce qu'il est possible d'utiliser. Le principe à mettre en pratique est de laisser venir à nous les ressources les plus pertinentes possibles en mettant à profit les outils de surveillance, les flux RSS, les abonnements et autres outils technologiques qui seront les moins chronophages pour l'équipe. Il faut parfois limiter le nombre de flux et d'abonnements pour ne consacrer que le temps prévu au tri et au traitement de l'information.

Dans une prochaine rencontre, nous ferons le tour des possibilités qui nous sont offertes en matière d'outils et nous aborderons la notion de curation, plus particulièrement, et celle du processus de veille dans son ensemble

Prochaine étape

Lors de la prochaine étape, nous ferons :

  • le point sur la configuration et l'utilisation de l'outil Scoop.it mis en place par l'équipe;
  • une première évaluation des sujets et des mots-clés pour voir si les ressources trouvées correspondent à nos besoins;
  • une analyse du processus de veille à mettre en place par l'équipe;
  • une tour d'horizon des autres outils et stratégies possibles.

En terminant, voici un aperçu des étapes pour configurer Scoop.it. Ce document a été réalisé par Luc Blain, conseiller pédagogique TIC au Cégep de Sainte-Foy.


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